SAVOIR & SOCIÉTÉ

mardi 7 mai 2013
par  Jacques

N°40 - SAVOIR & SOCIÉTÉ.
J-L.Irigaray - Publibook/Science - 04/11 - 231 pages - Tout lecteur.

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RÉSUMÉ : Essais thématiques en 14 stations sur le comportement souvent déraisonnable de notre société humaine, en marge de la culture et des connaissances acquises par une science qui se réclame raisonnable et universelle. En quoi l’homme est-il devenu ?

MOTS CLÉ : Origine, évolution, information, science, spiritualité…

L’AUTEUR : Jean-Léon IRIGARAY est professeur émérite des Universités. Ingénieur en électronique & radioélectricité. Enseignant-chercheur en physique nucléaire fondamentale. Formateur des personnels de l’Académie de Clermont-Ferrand.

Ce livre veut s’adresser à un large public qui a l’envie d’apprendre…, de participer, par les réflexions engendrées, à un enrichissement de ses connaissances. A partir de questions et faits d’actualité, l’auteur riche de sa culture scientifique, nous offre son point de vue de façon concise en attente (peut-être ?) d’un écho. 14 thèmes structurent l’ouvrage.

Sur les origines et l’écoulement du temps (2) il s’agit de prendre acte des facteurs d’échelle. La science y tourne les pages du Grand Récit : entre 2 infinis, complexité et diversité nous interpellent. Mais, pour quelles questions, pour quelles réponses ?

Avec l’évolution et la création (3) on mesure ces attentes et exigences de l’espèce humaine ouvrant sur ces bifurcations où croyances individuelles et savoirs collectifs universels, théories évolutives et mythes figés, sont bien des domaines qui ne se chevauchent pas. A Jay Gould on préfère Teilhard pour causer sur Darwin…Le poids des idées créationnistes est excessif dans le débat face à la théorie de l’évolution. Finalité, transcendance et sens n’ont jamais été les meilleurs outils de la science ! Débattre et modéliser sur l’inconnu sont plus efficace que de s’entre-tuer pour l’inconnaissable !

Et si l’on causait matière et vide (4) ? Sachant que la science n’est concernée que par le comment, dire que Lune tourne autour de Terre parce que force d’attraction et force centrifuge s’opposent, est un faux comment. Lune tombe bien sur Terre (1,38mm/s) et dans une chute libre ! Le survol des relativités einsteiniennes plaiderait plus pour une mise en relation de l’espace-temps comme contenant déformé par le contenu énergie-matière. Les religions sont présentées comme cherchant à apporter une réponse. Notre esprit est-il assez puissant pour appréhender ce problème ? Pour certains, la science émerge en oxydant le comment on va au ciel pour et le réduire à comment va le ciel ! Si le faux implique le vrai raisonnable, il reste pourtant plus résonant. Difficile de contester l’efficacité de la démarche scientifique d’autant que les neurosciences ouvrent de nouvelles perspectives où chacun peut voir les couleurs de la matière penser.

Avec le développement durable (5) c’est ce futur à permettre plus qu’à prévoir qui est en cause. Une harmonie était déjà de mise chez de nombreuses civilisations exterminées par d’autres qui l’avaient oubliée pour avoir d’autres objectifs peu tolérants sur leurs pratiques culturelles…Aujourd’hui il s’agit de gérer ce que Terre met (encore) à notre disposition et que nous gaspillons sur l’autel de la fragilité de nos écosystèmes. Il est bien dit que c’est l’homme qu’il faut faire devenir.

Les problèmes de jeunesse (6) concernent le système éducatif en relation avec l’environnement économique. Sur fond de consommation, l’orientation ne remplit pas son office au point de privilégier les emplois non productifs. Problème de partage, d’humilité et de Père Noël dont on pourrait extrapoler les conséquences. Sur travail et progrès (7), on mesure l’évolution des comportements. Reconnaissance des valeurs, qualité des relations, nouvelles activités, mondialisation tout azimut. Où trouver des solutions quand l’information et le haut débit bricolent en temps réel ? Sur le thème des langues (8) on joue sur la diversité. Sur le constat que la richesse du monde tient aux différences ; force de constater que cela n’est pas sans poser problèmes ! L’auteur n’évoque que celui des communications et de proposer le globish. Une religion universelle peut-elle être pour y retrouver Einstein où Spinoza ? Sur le bien être (9) et la relation entre progrès matériel et spirituel. Quel est le bénéfice de l’éducation, des connaissances sur le comportement humain ? La surexploitation des moyens de communication ne conduit-elle pas à plus de solitude et de déprime ? Que faisons-nous de notre temps libre quand le chant des sirènes pousse au superflu ? Le bonheur n’est-il pas affaire de décision personnelle ? La santé (10), concerne l’activité physique, l’alimentation, la relation au travail avec en contre partie tendance à la sédentarité, à la toxicité et au stress.

La vie spirituelle (11) dont le discours s’adresse au cœur, à l’esprit et aux croyances, campe sur l’immatériel. Si la foi répond à cette problématique c’est peut-être parce que l’acte de foi énonce et précise nécessairement, l’objet même de la foi. Satisfait de lire qu’on ne peut mélanger science et religion, ni même d’oser une synthèse. Rien n’est plus faux que le mélange ! Mais est-on fée pour vivre dans l’espérance ? Espérance de quoi quand c’est le réel à creuser qui fascine ? A-t-on dit l’essentiel sur les religions d’évoquer Ste Barbe et les cisterciennes de Meymac ? Si la science décrit ce qui est et non ce qui doit être, elle dit aussi ce qui ne peut être.

Avec les nouvelles technologies (12) on retrouve cette quête d’harmonie avec la nature, de lutte contre l’isolement (gîte ruraux), de méfiance sur le long terme (OGM). Rien sur notre manière de traiter animaux dans ces fermes concentrationnaires, de ces plantations grandes consommatrices d’eau en des lieux inappropriés privant parfois les fleuves d’accéder à l’océan. Dans cette mondialisation annoncée, peut-on parler progrès dans (de) la société (13) ? Capitalisme sauvage, assistanat, pouvoir abusif des élites et des médias, insécurité, gaspillage, surconsommation, pollution…en sont les ingrédients si mal maîtrisés ! Que peuvent apporter science et culture en réponse à se réfugier dans ce qu’on ignore, de se cacher de ce qu’on sait ? Ne sommes-nous pas responsables de ce que nous apprivoisons ? Si la vérité se creuse comme un puits, reste à écouter le chant de la poulie quand on vient y boire son eau. S’agit-il d’échapper à ce réel présent sur lequel chacun crée sa pente et dans lequel nous sommes reliés à l’ensemble ? Remplacer le pourquoi vivre, par le comment vivre. Et s’il s’agit de faire penser, alors il importe aussi d’ôter tout ce qui est pensé d’avance. Beaucoup à faire mais affaires d’homme. Et d’écouter encore ce grand désespéré nous dire qu’il importe d’être limité, pour devenir.

Jacques CAZENOVE - 20/07/12



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