LA NATURE ENTRE SCIENCE ET PHILOSOPHIE

vendredi 21 décembre 2012
par  Jacques

N°72- LA NATURE ENTRE SCIENCE ET PHILOSOPHIE
Nicolas Léchopier/Gilles Marmasse - Vuibert - 07/08 - 233 pages - Tout lecteur

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RÉSUMÉ : Ouvrage qui met à l’épreuve la consistance de la nature dans l’histoire de la philosophie. Terrain hétérogène et commun à de multiples traditions de recherche il offre l’occasion à 11 intervenants (journées SFHST- Lyon 2004) de discourir entre philosophes sur le concept de nature.
MOTS CLÉ : nature, idée, connaissance, naturel, artifice, pratique.

LES AUTEURS : Ouvrage coordonné par Nicolas LECHOPIER et Gilles MARMASSE pour la collection Cahiers d’histoire et de philosophie des sciences.

Bilan des journées d’étude organisées en 2004 à l’École Doctorale « Systèmes, images, langages » et à l’Université Jean Moulin (Lyon III), avec la Société française d’histoire des sciences et des techniques (SFHST) qui accueille, dans les Cahiers d’histoire et de philosophie des sciences, les actes de cette journée. Le présent ouvrage met à l’épreuve la consistance de la nature en en faisant le terrain hétérogène, mais commun à de multiples traditions de recherche (histoire de la philosophie, histoire des technique, philosophie des sciences et de la connaissance, éthique). Onze contributions réparties en quatre parties : La nature & l’idée/ La connaissance & le naturel/Nature & artifice/ La nature de la pratique.

La partie 1 (La nature et l’idée) rassemble des études sur la constitution du concept de nature dans l’histoire de la philosophie. Elle s’articule autour de la vérification empirique des sciences de la nature. L.Peterschmitt s’efforce de concilier le phénoménisme (Berkeley) avec la science mécaniste. G.Marmasse tente de préciser les rapports entre spéculation et connaissance empirique de la nature (Hegel). E.Trizio cherche à dégager les idéalités produites par l’opération de mesure (Husserl/Origine de la géométrie) par rapport à la connaissance purement perceptive.

La partie 2 (la connaissance et le naturel), étudie les règles qui gouvernent la connaissance de la nature dans le cadre d’une revendication progressive d’autonomie. Les règles sont-elles dérivables de la nature ? J.Lamy prolonge Bachelard en évoquant une nature modelée par l’activité même des connaissances. Cette rupture d’avec le bon sens et l’évidence, est l’occasion d’une reconstruction du sujet par son activité. O.Deroy examine la portée et les limites de la logique épicurienne et de son importance sur la théorie de l’induction, recourant au postulat d’uniformité de la nature. N’est-ce pas plutôt les variations des phénomènes qui pèsent sur les énoncés ? Avec L.Maurice c’est la possibilité pour toute connaissance d’être fausse (Russell). Fausseté qui ne s’analyse pas dans les mêmes termes selon qu’un énoncé fait ou non référence à quelque chose.

La partie 3 (Nature et artifice), porte sur les modèles techniques du vivant avec M.Tricot et ses automates. Il montre comment vivant et machine sont pris successivement pour modèles l’un pour l’autre, suivant le destin des distinctions étendue/pensée et nature/artificiel. F.Riquebourg les utilise en tant que jeu de définition de la vie. Penser l’essence de la vie, via la vie artificielle et les automates cellulaires (Ulam/Conway/Gardner) et la bio-informatique, où la simulation n’est pas sans soulever des enjeux d’importance. L.Salza, dans le courant chaud de l’humanisme de la Renaissance, valorise l’artifice dès lors que la nature, certes initiatrice, mais dont nous ne pouvons connaître que les ombres, exige de l’action humaine qu’elle invente son propre paysage.

La partie 4 (la nature de la pratique), aborde les dimensions politiques et éthiques liées à la notion de nature comprise comme guide de la pratique. N.Le.Nezet insiste sur l’usage polémique et politique du concept de nature. Souvent féminisée dans la philosophie politique contemporaine, elle donne un aspect idéologique à la dichotomie entre nature et culture. J.Ch.Mathias évoque la non réciprocité de la responsabilité humaine sur la nature et la pose comme objet d’un souci éthique authentique (H.Jonas). Il est temps de trouver une solution au problème de la domination par l’homme sur la nature si préjudiciable aux relations entre science et nature.

Comment articuler les points de vues autour de la science, de la philosophie et de la nature et en faire des points de vie ? Perspective dualiste, ou point de vue réductionniste, où toute expérience est ce que peut en dire la science ? Sans être aussi catégorique que S.Hawking qui évoquait dans un ouvrage récent, une philosophie morte de n’avoir pas réussi à suivre les développements de la science, il faut reconnaître que les philosophes n’ont plus le monopole de la philosophie. Pas plus que les religieux celui de la morale. Le Comment je vois le monde (Einstein), est question pour tout ceux qui ont décidé qu’il pouvait être compris sur assises RPR (raisonnable, partageable, révisable). Était-il nécessaire de ne faire intervenir que des docteurs ou doctorants en philosophie pour causer sur la nature ? Les lois de la physique savent si bien en proposer d’efficaces modèles formalisés pour le bien de chacun ? Dans cette étrange folie de vouloir communiquer, la science parait être le meilleur chemin d’accès aux connaissances sur la nature et l’univers. Les frottements visqueux, encavés ou cavé carré [1], tiennent surtout aux ambitions particulières, aux abus de pouvoir et d’autorité, souvent inspirés par les peurs qui jonchent le sol miné ou minables de certaines cavernes. Mais qu’il est difficile de penser et de dire clairement !

Jacques CAZENOVE - 01/07/11.



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