Quels mystères le soleil recèle-t-il encore ?

jeudi 24 mai 2012

N°79- QUELS MYSTÈRES LE SOLEIL RECÈLE-T-IL ENCORE ?
Frédéric Baudin - Les Petites Pommes du Savoir - 11/10 - 60 pages - Tout lecteur

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RÉSUMÉ : Voir le soleil sous d’autres lumières, dans d’autres champs, à toutes altitudes, et en un clin d’œil, mais averti.

MOTS CLÉ : rayonnement, protubérances, boucles, couronne.

L’AUTEUR : Frédéric BAUDIN est enseignant-chercheur à l’Institut d’Astrophysique Spatiale.

Petite Pomme au goût solaire, qui fut en son temps sujet de polémique sur l’immuabilité et la perfection des cieux, alors domaine con-sacré. Il s’agit ici de faire un rapide survol des phénomènes associé à la photosphère (surface visible à 5500K) et à la couronne, formée de structures complexes. Le coronographe de B.Lyot, puis les observations spatiales ont permis d’ouvrir le spectre des analyses effectuées et d’affiner les modèles proposés. Il y a d’abord cette augmentation de température et surtout son ampleur, dans la zone de transition jusqu’à atteindre, au niveau de la couronne plusieurs millions de degrés. L’émission en UV & X ramenée au visible grâce à la présence de raies ferreuses (vertes), lui offre cet aspect vu lors d’occultations (et non d’éclipses…) solaires totales. Sur la photosphère, les tâches solaires plus froides, marchent par paires et forment souvent des groupes dont le nombre de Wolf rend compte. Entre photosphère et zone de transition les protubérances plus froides, mais plus denses que le milieu ambiant, s’alignent sur les lignes du champ magnétique du soleil. Dans la couronne d’immenses tubes plus lumineux retournent sur la surface en formant des boucles coronales plus denses et qui convergent en général sur les tâches.

Au niveau des tâches, la valeur très élevée du champ magnétique s’oppose aux mouvements convectifs des charges (ions, électrons) constituant le plasma. Avec un moindre apport de chaleur, elles rayonnent moins que leur entourage et paraissent donc plus sombres. Ce champ, sortant d’une tache pour revenir sur la voisine de polarité opposée, sculpte toutes ces structures aux densités de matière plus élevées. Certaines, parvenant à s’échapper à partir des trous coronaux, constituent le vent solaire (essentiellement des protons), source des aurores. Une compétition entre gravité, pression du gaz et magnétisme permet d’établir des modèles pour chacune des zones concernées. La rotation différentielle de l’étoile conduit à un effet de cisaillement des lignes de champ dont les polarités s’inversent tous les 11 ans en moyenne. On suspecte la formation et la réorganisation de ces boucles de plus en plus complexes et distordues, d’être à l’origine des températures extrêmes de la couronne, sans pour autant qu’une description théorique détaillée soit acquise. Reste à mettre cette mélodie mécano-magnéto-thermique en musique ! D’autant que notre étoile joue aussi un rôle pas toujours bien quantifié sur l’évolution du climat sur Terre.
Affaire à suivre.

Jacques Cazenove



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