Discours sur l’origine de l’univers

jeudi 24 mai 2012
par  Jacques

N°70- DISCOURS SUR L’ORIGINE DE L’UNIVERS.
Étienne Klein - Flammarion NBS - 10/10 - 180 pages - Tout lecteur.

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RÉSUMÉ : Au delà des limites de validité des théories, la notion d’origine, de commencement, de création, n’est pas sans poser des problèmes à l’entendement de l’espèce humaine dont l’évolution à offert un cerveau en manque de ce genre de questionnements pour le meilleur et pour le pire. Question sans fin pour un début.

MOTS CLÉ : Origine, commencement, univers, multivers, ontologie…

L’AUTEUR : Étienne KLEIN est Ingénieur physicien, assistant du Directeur des Sciences de la Matière (CEA- Saclay) et professeur à l’Ecole Centrale de Paris.

Que cherchons-nous au juste en faisant sans cesse retour sur l’origine ? Et en faire de surcroît une zone de concurrence, de confusion, entre science et religions, alimentée par des opinions imprudentes (pensée de Dieu, visage de Dieu, particule de Dieu) de certains scientifiques (Hawkins, Smoot). Enfin ce partage douteux entre le comment et le pourquoi (ou le pour quoi qui fait sens), que chacun semble s’attribuer d’autorité. Étant entendu que la science ne fournit de l’Univers que des théories réajustables, toutes tendues sur des principes arbitraires, en fonction des techniques et des découvertes qui se répondent tendrement dans le tourbillon de leur mouvement. Elle se fait aussi désirable si elle permet de saisir les passions singulières qui les ont voulues, pensées et créées.

L’auteur, chercheur et docteur en philosophie des sciences, propose à ses lecteurs une réflexion sur la nature des lois de la physique et de leur poids sur le rideau. Sur le radeau. S’il s’agit bien de lois tombant sous le poids des théories physiques, c’est alors ce que nous savons faire de mieux au niveau relationnel avec l’Univers décrété compréhensible par la raison et formalisé dans le langage de la logique mathématique. Le statut de ces lois, leur existence avant l’origine où la responsabilité de l’Univers à les « fabriquer » pour en contrôler son évolution, n’est-il pas un faux problème ne méritant une vraie réponse ? Confions aux lecteurs (trices) les diverses perspectives évoquées sur cette permanence des lois face à l’impermanence de l’Univers. Entre ordre et désordre, règne un moment délicieux… où l’homme est absurde par ce qu’il cherche ; grand par ce qu’il trouve.

L’ouvrage s’ouvre sur cette transition de phase historique, où la fable des textes révélés s’éclipse, non sans violence, devant le trop fameux Big Bang aux sonorités trompeuses induisant entre autre, un temps zéro et des infinis gênants. Difficile de s’accorder sur les mots. L’origine comme passage de l’absence à la présence ? L’univers devenu dans le concept de courbure de l’espace-temps brevet d’ingénieur ? La science éprise de phénomènes à ordonner dans leur totalité dans un langage commun au raisonnement précis ? Faut-il s’accorder sur le chant de ces poètes de la connaissance ou attendre l’avancement des neurosciences pour reconnaître que l’Univers qui nous questionne est construit sur un plan dont la symétrie profonde est présente dans l’intime structure de notre esprit, de notre cerveau ? Notre philosophie n’étant définie que par son appareil et non par son objet ? Ces références à P.Valéry (Variété I) ou à G.Bachelard éclairent ce discours sur la totalité, tout mêlé qu’il est de sincérités et de silences sur le mélange des rôles entre causes et effets. Les meilleures choses n’ont-elles pas un début ?

Cet avis de brouillard sur l’ordre du monde, est devenu noir à broyer pour la cosmologie édifiée sur l’interaction entre contenant et contenu et où certains mirages assez graves, dévoilent notre grande ignorance sur leur connaissance. Alors on use de cordes ou de boucles pour escalader ce mur de Planck en bricolant dans l’abstraction d’entités mathématiques sensées prendre le relais de l’imagination et de l’expérience inaccessible. Nous revoilà à camper avec ces Grecs qui nous ont tant appris à faire feu de toute Idées caverneuses, où seuls les géomètres regardaient passer les gens qui s’en allaient. Sommes-nous prêts à dire tout sur Tout, par le jeu d’équations intégrant la dynamique de l’Univers englués la foire de multivers contingents, émergeants de fluctuations d’un vide quantique sans histoire. L’appellation d’origine n’est pas toujours bien contrôlée ? Et dans quel cadre spatio-temporel faut-il discourir, quand le concept de temps lui-même est si dérangeant ? La matière noire, l’énergie noire offrent, peut-être, ces nouvelles perspectives attendues, tout autant que la compréhension des systèmes neuronaux soucieux donner des rails aux phénomènes sensibles. Autant d’étoiles dans une galaxie que de cellules dans le cerveau, de quoi donner ses lettres de noblesse au facteur d’échelle soucieux d’établir d’étranges correspondances ! Déjà poussières d’étoiles, nous voilà fées d’un vide qui se fait et se défait aux dépends de possibles agités. Henri Michaud nous avait averti : si tu racontais cette histoire à un vieux bâton, il reprendrait feuilles et racines.

Nul doute que chacun saura puiser dans ces quelques réflexions matière et énergie pour établir la connexion avec ce Grand Récit écrit par la Science. Tel le Vyasa conteur-auteur du Mahabharata (Grande Histoire de l’humanité), il saura sauter des planches aux fauteuils, et dans la réciprocité rester dans l’étonnement. L’essentiel n’est-il pas que ce soit beau, quand de toutes parts naissent des questions et que l’évidence cache le fond ? Plutôt qu’aux bruits des philosophes, confions au flou cantique des poètes de poser le point d’orgue de cette partition : Celui qui veut écrire son rêve, se doit d’être infiniment éveillé. Le chef d’œuvre sera de surprendre ce qui n’existe qu’à ses dépends.

Un point c’est Tout ! Tout en un point !

Jacques Cazenove



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