Dieu, l’hypothèse erronée

jeudi 24 mai 2012
par  Jacques

N°04- DIEU, l’hypothèse erronée. Comment la science prouve que Dieu n’existe pas.
V.Stenger - H&0 - 11/09 - 350pages - Tout lecteur

JPEG - 22.3 ko

RÉSUMÉ : La thèse de cet ouvrage est que l’hypothèse du caractère surnaturel de Dieu est testable, vérifiable et réfutable, en se servant des méthodes établies par l’ensemble de la communauté scientifique.

MOTS CLÉ : Dieu, dieux, réfutation, preuves

L’AUTEUR : Victor STENGER est professeur émérite de physique et d’astronomie à l’université d’Hawaï.

Jadis du domaine de la métaphysique, la cosmologie a bien eu du mal à intégrer le cadre de la science. Ses fondements sont aujourd’hui la relativité et son espace-temps/matière énergie, et la quantique qui gère avec tout autant de précision l’infiniment petit fluctuant. La philosophie naturelle devenue science(s) s’est fixée de façon universelle une méthode de travail autour d’un acte de foi : l’univers est compréhensible par la raison et peut être décrit par la logique du formalisme mathématique.

Certains scientifiques (dessein) n’ont pas attendu d’élargir les visées de la science pour trouver des justifications à l’existence d’un créateur attaché à sa création.

Victor Stenger tout entier dans la démarche scientifique, et sur la base des récentes découvertes en astrophysique, partant du principe que le créateur est la pièce centrale de sa création, cherche des indices, aussi subtils soient-ils, de sa présence.

Sans entrer dans les divers exemples développés dans l’ouvrage, reconnaissons d’entrée que nous disposons aujourd’hui d’explications plus claires, plus convaincantes, plus harmonieuses et tout aussi poétiques de notre univers. Nous le devons à cette merveilleuse aventure qui fédère l’humanité autour des sciences. Elle concerne tant le macrocosme que le microcosme, mais aussi les neuroscience qui commencent à proposer elles aussi des modèles de plus en plus précis du fonctionnement de ce qui nous permet de penser, à savoir notre cerveau.

La science empirique n’aborde pas toujours la question des preuves de façon déductive comme en mathématique. Les preuves scientifiques établissent comme vrai ce qui est au-delà de tout doute raisonnable. Quand une preuve devrait être là et qu’elle n’y est pas, alors l’absence de preuve devient bien preuve de l’absence. Les physiciens des particules sont directement concernés par cette méthode de travail, aucun d’entre eux n’a vu d’électrons ou de quarks, mais leur trace est bien là ! Les théories provisoirement établies doivent être prédictives et réfutables (quoi que ?).

D’autre part le Dieu (majuscule) qu’évoque l’auteur est bien celui que la plus part des croyants honorent, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans ; étant hors de propos de spéculer sur la nature de ce Dieu. Son caractère tout en étant disons surnaturel, peut affecter des phénomènes physiques, rien ne s’oppose à ce que la science, dans le strict cadre de sa méthode, s’y intéresse, par la recherche de causes naturelles, correspondantes à des lois physiques bien établies. La science n’est pas tout, mais elle s’intéresse à tout. Elle ne cherche pas à expliquer, seulement interpréter en construisant des modèles mathématiques qui fonctionnement. La thèse de cet ouvrage est que l’hypothèse du caractère surnaturel de Dieu est testable, vérifiable et réfutable en se servant des méthodes établies par l’ensemble de la communauté scientifique.

D’autre part, que les religions soient un bienfait ou une calamité n’a rien à voir avec la question de l’existence de Dieu.

Les divers éléments de réflexion portent sur l’illusion du dessein, l’illusion d’un monde au delà de la matière, les échecs de la révélation et de la prière. L’auteur évoque aussi la réalité des valeurs morales, l’existence du mal et de la souffrance, de l’expérience personnelle et du sens de la vie. Ses compétences en astrophysique l’amène bien sûr à causer de cosmologie où il insiste sur de prétendues coïncidences et d’ajustements fins, terrains d’affrontements d’avec les créationnistes du dessein, fixés sur les seuls ouvrages dits révélés et dont on sait qu’ils énoncent des contre vérités.

Le bilan est facile à anticiper, Dieu apparaît comme une hypothèse erronée. Le Dieu judéo-chrétien qui est aussi celui des musulmans n’existe pas dans le cadre de la science faute de faute de preuves empiriques, faute de traces observables directes ou indirectes. D’être partout et nulle part n’apporte rien de neuf. Pas plus que d’expliquer ce qui ne peut l’être à ce jour, par ce qui ne peut l’être jamais, par principe. Ce n’est donc pas par dogmatisme que la science refuse d’accepter les preuves de l’existence de Dieu. Placés devant une preuve qui passerait les tests auxquels on soumet toutes les propositions extraordinaires, les scientifiques, tous domaines confondus, ne seraient que trop heureux d’en étudier la nature, ouvrant du même coup de nouveaux horizons dans le domaine des connaissances.

Que répondre enfin à celui qui affirme, moi je crois à la loi de Newton où Dieu ne joue pas aux dès. Dit sur un autre mode par Jean Claude Carrière : Le fait de croire en Dieu, c’est bien parce qu’il n’existe pas ! Bohr ne répondait-il pas aussi à Einstein : Cessez de dire à Dieu ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Le hasard, en lui laissant le temps, permet à tous les possibles de se réaliser avec plus ou moins de réussite.

Un ouvrage qui mérite d’être lu avec toute l’attention qu’il se doit parce qu’il s’intègre dans le questionnement de l’humain. Il met en lumière la fragilité de la science qui nous permet de jouer de cette curiosité et qui offre à notre essence de verre de rester surpris, étonné, face à l’indifférence de l’Univers dont elle se refuse de lui accorder un sens et une finalité.

Complément : Deux autres ouvrages permettent de creuser un peu plus ce problème. Il concerne de plus en plus la science et donc tous les lecteurs curieux.

1-Richard DAWKINS : Pour en finir avec Dieu – Poche Tempus-11e-525 pages.
Ouvrage qui analyse avec les outils du rationnel « l’hypothèse Dieu »
2-Pascal BOYER : Et l’Homme créa les dieux – Poche-Folio Essais-F15-526 pages

Jacques Cazenove



Agenda

<<

2018

 

<<

Février

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728