Pour comprendre simplement ... l’univers

mardi 22 mai 2012

N°48- POUR COMPRENDRE SIMPLEMENT LA NAISSANCE, LA VIE ET LA
MORT DE L’UNIVERS

J.Hladik - Ellipses - 11/08 - 296p - Tout lecteur.

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RÉSUMÉ : Le titre à lui seul, donne un aperçu du contenu et du plan de l’ouvrage. L’auteur s’appuie sur la relativité et la quantique dont il rappelle les bases et l’histoire non sans polémiquer sur certains points historiques.

MOTS CLÉ : masse, énergie, espace-temps, évolution.

L’AUTEUR : Jean HLADIK est professeur émérite de l’Université d’Angers. Auteur de nombreux ouvrages universitaires et de vulgarisation.

La diffusion des connaissances scientifiques au niveau du Grand Public est une nécessité, mais n’est pas chose aisée et réclame d’éviter de nombreux pièges dont l‘histoire des sciences se fait fort de nous pointer quelques exemples. L’aventure scientifique et technique est œuvre collective des sociétés humaines dont les neurosciences nous ouvrent peu à peu aux divers mécanismes qui animent notre cerveau et ce besoin si particulier de théoriser. Comprendre simplement c’est mettre en harmonie le peu que l’on sait, en prenant garde à tout ce qui parait trop clair. L’imprévu, heureusement, est là pour bousculer les idées trop bien en place et que chacun se plait à répéter. Avec nos tas d’idées à expliquer, et c’est l’univers qui se débat, à genou.

Depuis près d’un siècle nous savons que l’Univers est dynamique. L’objectif de l’ouvrage est de mettre à la disposition de l’honnête homme du XXI° siècle l’essentiel des données touchant à tous les aspects de cette évolution. Un rapide survol sur l’historique permet à l’auteur d’évoquer Kepler le dévérouilleur, Borelli et Hooke qui ont branché Newton sur la gravitation universelle, après que Galilée (sur lequel il ne semble pas vouloir polémiquer ?) nous ait offert un horizon tout neuf. Et puis la géométrie qui était euclidienne se vit attribuer une courbure sur laquelle une métrique ds² fut définie comme généralisation du théorème de Pythagore et au travers de laquelle les tenseurs vont donner leurs ailes aux 3 composantes vectorielles. Avec l’espace-temps de la relativité, l’auteur nous fait partager toute son expérience de pédagogue, mais ne se prive pas de revenir sur les problèmes de paternités des idées (Einstein-Poincaré) et dont nous confions aux lecteurs l’avenir de sa pensée. A Einstein seul, est reconnu quand même le mérite de la chronogéométrie, de cet espace-temps/matière-énergie et de l’équation (locale) du champ de gravitation, reliant le tenseur chronogéométrique au tenseur source impulsion-énergie Il revient à K.Schwarzchild (1922) de démontrer que l’existence de solutions fonction du temps, offrant du même coup une histoire possible à l’Univers. S’appuyant sur le travail de J.P.Luminet il revendique l’antériorité des travaux de G.Lemaître (1927) qui énonce la relation de proportionnalité (v=H.D) entre vitesse radiale de fuite et distance faisant intervenir la constante H dite de Hubble. Avec le concept d’atome primitif et celui de constante cosmologique (30/31) Lemaître s’impose bien comme the Big Bang Man confiant à la toute nouvelle quantique le soin d’en construire les trois premières minutes émergentes de la singularité initiale. Fidèle à son éthique Jean Hladik nous offre encore quelques belles pages relatives à l’équivalence masse-énergie avec G.Le Bon et F.Hasenöhrl (1904). Tous ces outils brillamment manipulés, mènent tout droit au modèle standard suspendu tout à la fois au fond diffus cosmologique, fossile de la période thermique opaque, et à la nucléosynthèse primordiale des 5 ou 6 premiers éléments.

La seconde partie concerne la structuration de l’univers. Dans le cadre d’un modèle ascendant, les petites fluctuations quantiques de densité initiale, amplifiées par la phase inflationnaire, (A.Guth-79) conduisent à la formation de petites galaxies, (peut être aussi de trous noirs primordiaux ?) qui auraient ensuite pour se grouper plus tard en amas. Le milieu interstellaire formé de gaz et de poussières forme les nébuleuses où des nombreuses molécules organiques ont été détectées. Point fort du dossier, celui où il est question (chap. 10) de la formation des molécules prébiotiques sur la base du quatuor C, H, O, N. Le lecteur trouvera aussi tout ce qu’il faut savoir de l’évolution des étoiles (diagrammes H.R), de la formation des systèmes planétaires et de leur diversité constatée en marge des exoplanètes en cours de détection. (P147- il s’agit du cliché de M16 (Aigle) et non la tête de cheval (Orion))

La troisième et dernière partie est la chronique d’une mort annoncée. Stabilité du système solaire, naines blanches, étoiles à neutrons et trous noirs stellaires ne font que préfigurer les trous noirs géants au cœur des galaxies. Deux détails dans cette histoire : la matière noire détectée, sans pour autant être identifiée, et l’énergie sombre responsable de l’accélération de l’expansion parfois associée à l’énergie du vide ou à une quintessence qui redonne ses couleurs à la constante cosmologique. Ils devraient ouvrir de nouveaux points de vue sur la cosmologie dont les équations relativistes ne disent rien sur sa topologie (relation entre points voisins). Connexe ou multiconnexe, seuls les mirages topologiques ou les ondes acoustiques particulières sur fond diffus cosmologique inspirées par R.Lehoucq (l’univers a-t-il une forme ?), pourraient en proposer une réponse. L’évolution de l’Univers est-elle aussi darwinienne quant à la sélection des possibles ? Existe-t-il d’autres univers (A.Linde-83) en marge du nôtre. Sommes nous seuls et là par hasard sur cette ligne d’univers à cheval sur le non équilibre des systèmes complexes irréversibles ? Ce qui est formidable, ce n’est pas que le champ (chant) des étoiles soit si vaste, c’est que l’homme l’ait mesuré.

La notion du sens, de la finalité (dessein intelligent), entachée d’un principe anthropique dont I.Prigogine dit bien qu’il ne signifie rien, et celle d’un créateur se posent à certains. Mais n’est-ce pas-là cette hypothèse inutile qui consiste à substituer au non (encore) compris, le non compréhensible (à tout jamais) ? Les certitudes n’interdisent-elles pas les bonnes questions ?

Ouvrage qui apporte par son originalité un éclairage intéressant sur un les grands thèmes actuels déjà évoqués dans de nombreux ouvrages récents.

Jacques Cazenove



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