Histoire de l’astronomie dans le midi

dimanche 20 mai 2012

N°04- HISTOIRE de l’ASTRONOMIE dans le MIDI de la France.
J.C.Sanchez - Loubatières Sciences - 03/08 - 316 pages - Tout lecteur

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RÉSUMÉ : Prolongement d’une thèse sur l’astronomie et la physique dans le royaume de France aux temps modernes, cet ouvrage témoigne de l’activité culturelle et scientifiques, dans les différents foyers universitaires et académiques méridionaux, replacée dans son contexte politique, économique et social.

MOTS CLÉ : astronomes, observatoires, académies, universités.

L’AUTEUR : Jean Christophe Sanchez est docteur en histoire, enseignant, formateur IUFM et chercheur au Mirail (Université de Toulouse) .

C’est avant tout une histoire culturelle de la science qui se sait universelle, et dont le contexte économique et politique régional, permet d’en suivre les initiatives locales prises pour en assurer son développement dans la société. De chaque situation originale et complexe, émerge une solution particulière oscillant entre autonomie et prise en charge. Que ce soit à Toulouse, à Bordeaux, à Montpellier ou à Béziers, que les motifs soient l’hydrographie, la cartographie du littoral, l’astronomie nautique, la météorologie, le rôle joué par les autorités politiques ou religieuses, par certaines personnalités, n’en demeure pas moins essentiel, à moins qu’un grain de sable…C’est donc sur l’Humus que l’auteur nous propose de suivre le traitement imposé aux idées scientifiques par la société, dont les responsables ont bien souvent d’autres impasciences que celles de l’azur !

Cinq chapitres structurent le dossier. Dans le premier, « le midi, l’astronomie et les astronomes » on survole les ouvrages, les publications, les académies, et ces astronomes du grand sud, eux aussi à leur façon perchés sur les épaules de ces géants qui les ont précédés. Polyvalence, absence de spécialisation et non professionnalisation, avant que la révolution sous les feux des lumières, l’empire puis les républiques, n’en institutionnalise les fonctions, conduisant à la création d’observatoires régionaux sans pour autant que le cordon ombilical centralisateur soit coupé, du moins distendu.

On se penche d’abord sur ce fameux XVII° siècle (chap2) qui débute pourtant avec les bûchers de Giordano Bruno à Rome (17/02/1600 en non 1610 !) et de Giulio Vanini (1619) à Toulouse. Dans le sillage de Galilée, Kepler, Descartes et Newton s’engouffrent nos grands provinciaux qu’ils soient Minimes (E.Maignan) ou Jésuites (I.Richaud -J.Pardies) pour l’essentiel autour des idées nouvelles sur l’héliocentrisme et le mécanisme. On évoque le Siam avec Richaud et on oublie la Chine avec Ricci. Eclipse de Lune, occultation de soleil (et non éclipse), météores et comètes conditionnent les observations dans les premiers sites à Pau, Bordeaux, la Rochelle et Toulouse, et Mersenne comme tour de contrôle dans une Europe où la contre réforme impose encore la vigilance.

Le siècle des lumières, le Grand Siècle est évoqué (chap3) avec en toile de fond la théorie newtonienne, la forme de la Terre et la mesure de degré de méridien. Montpellier occupe alors une place centrale autour de François Plantade (1670-1741), parent de Cassini III et décédé sur les pentes du Pic du Midi (« Ah ! Que tout cela est beau »). Avec Jean de Clapiès, comme lui homme de robe, il prend en charge le développement des sciences (géodésie, hydrographie, cartographie). Les observations à la tour de la Babote débutent en 1945. François Garipuy aménage un observatoire sur le toit de sa maison, rue de Fleurs à Toulouse pour tenter d’y observer les transits de Vénus (6/6/1761-64). A partir de 1725 la tour de l’évêché fait office d’observatoire à Béziers. Le Pic du Midi avec Jacques Vidal et Henri Reboul remontre le bout du son nez avec les mesures barométriques destinées à en fixer l’altitude (1787). Enfin Bordeaux se dote en 1781 d’un observatoire édifié au sommet de l’Hôtel de l’Académie. Certaines initiatives privées sont aussi à mettre au compte d’astronomes amateurs.

Et vint la révolution, l’empire et ses grandes écoles, la république enfin où les universités (chap4) vont permettre cette croissance exponentielle des connaissances et des techniques et qui vont parfois conduire à une forme de scientisme néfaste. Nouvelle génération d’homme, nouvelles structures conduisant à l’observatoire de Jolimont à Toulouse (1846), de Floirac à Bordeaux (76), et du Pic (1878-1908). Etablissement d’une carte du ciel, relevés chronométriques, météorologiques, magnétiques, observations actinométriques, auxquelles s’ajoutent les premières mesures spectrométriques associées à la recherche fondamentale avec les Arago, Rayet ou Lespiault.

Les 2 conflits mondiaux nous font entrer de pleins pieds dans l’époque contemporaine (chap5). Mobilisations et décès devaient par exemple imposer au Pic de bien tristes moments (1920), avant de rebondir avec son grand télescope de 2m devenu TBL en 90. Les grandes théories physiques mettant la cosmologie au centre des grands débats, ce furent des problèmes de rentabilité qui conditionnèrent la construction des grands télescopes avec cette collaboration internationale qui fait le mérite de la big science. L’auteur-historien survole cette période en évoquant aussi l’aventure spatiale et le rôle de l’astronomie amateur dans notre Midi. On regrettera, pour avoir modestement participé à cette dernière aventure, que ne soient pas mentionnés, comme pour ce XVIII° siècle, quelque uns de ces amateurs régionaux (Ch.Buil, P.Martinez) dont les compétences titillaient celles professionnels dans certains domaines où les capteurs CCD ont apporté leur très grande souplesse d’utilisation. Par leur action, ils ont mis à la disposition dès 86, sur l’ensemble des observatoires amateurs des Pises, de Narbonne, de Malibert, de Dax entre autre, un merveilleux outil leur assurant d’entreprendre des travaux complémentaires d’avec les professionnels. (Courbes de lumières de SN, d’astéroïdes, occultations, spectrométrie).

Beau travail de recherche qui saura répondre à l’attente des passionnés d’histoire des sciences et plus particulièrement d’astronomie, même si le plan choisi par l’auteur impose de nombreuses répétitions ou retours en arrière. Les 54 pages de notes et l’importante bibliographie témoignent de la qualité du travail accompli par Jean Christophe Sanchez déjà apprécié avec « le Pic du Midi et son observatoire » (1999).

Jacques Cazenove



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