L’envie d’apprendre les sciences

samedi 19 mai 2012
par  Jacques

N°75- L’ENVIE D’APPRENDRE LES SCIENCES- Motivation, attitudes, rapport aux savoirs scientifiques
Patrice Venturini - Ed Fabert - Éducation et sciences - 05/07 - 270 pages.

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RÉSUMÉ : Présentation des travaux de recherche concernant la désaffection pour les études scientifiques dans le cadre d’une approche sociocognitive, avec une analyse de leurs fondements, de la méthodologie et une présentation des résultats obtenus.

MOTS CLÉ : approche sociocognitive, expectation d’efficacité, motivation, échelles d’attitudes.

L’AUTEUR : Patrice Venturini est spécialiste en didactique de la physique (Université Paul Sabatier - Toulouse).

Autant l’avouer d’entrée, l’ouvrage s’adresse à des spécialistes ou plutôt à des inconditionnels de la didactique en sciences appliquées aux traitements de problèmes relatifs à l’éducation et à la pédagogie. C’est dans le cadre des sciences humaines que trois thèmes de recherche sont évoqués, motivation en milieu éducatif, exploration des attitudes envers les sciences et analyse des rapports aux savoirs scientifiques.

L’approche sociocognitive de la motivation, phénomène multifactoriel, porte sur des déterminants concernant le comportement humain dans son ensemble : buts, valeurs expectations, attributions causales, émotions, et concernent les mécanismes généraux qui favorisent ou empêchent l’engagement des élèves à l’apprentissage. Elle vise donc à comprendre ce qui gêne ou favorise l’engagement dans une activité d’apprentissage quelconque. Menées essentiellement par des psychologues nord américains, elles font ici apparaître l’importance de stratégies pédagogiques : question du sens au centre des activités, de la participation et des responsabilités partagées, des objectifs à la fois ambitieux et réalisables, des évaluations centrées sur ce qu’on apprend et qui favorisent les émotions positives.

La méthodologie utilisée pour analyser l’attitude des élèves envers les sciences, est l’œuvre de chercheurs en éducation scientifique et font usage d’échelles quantitatives utilisant l’évaluation d’items (questions dans un test où le sujet peut donner plusieurs réponses). Il s’agit de quantifier l’attitude envers les sciences d’un ensemble d’individus et d’établir des relations avec certains paramètres ou variables (Curriculum, discipline, environnement scolaire et social, typologie de l’élève..). L’information ainsi obtenue dans un contexte souvent éloigné de l’action, situe plutôt l’état d’esprit du sujet vis-à-vis de l’apprentissage des sciences.

Le rapport aux savoirs scientifiques se fixe pour objectif d’interpréter « les trajectoires scolaires » de nos élèves en identifiant les processus relatifs à leur mobilisation vis-à-vis des apprentissages scolaires. L’approche socio anthropologique qui en est faite conduit à une analyse inductive où on tente d’identifier phénomènes en interaction et processus, et ce à partir de bilans de savoir et d’entretiens d’où émergent thèmes dominants , types de savoir et pratiques langagières. La théorie a donc pour objectif d’interpréter le comportement des sujets en situation d’apprendre les sciences.

Ces trois approches mettent en lumière des comportements complémentaires vis-à-vis des sciences étroitement liés à la manière dont l’individu interprète son environnement en fonction de ses caractéristiques personnelles. L’auteur propose pour conclure diverses orientations destinées à améliorer l’implication de nos jeunes dans les apprentissages scientifiques avec la question du sens au centre des activités. Le lecteur appréciera la présentation de Patrice Venturini qui, en marge d’une table des matière très détaillée, nous informe au début de chaque dossier des points qui vont être abordés et finit son argumentation par une discussion suivie d’une conclusion rappelant les idées essentielles du dossier.

Sans vouloir porter un jugement sur ce travail de collègues didacticiens, ni à la collection « Éducation et Science » (dirigée par Sylvette Maury) nous rendant compte de leurs recherches, les praticiens que nous sommes, par le biais de formes d’activités parfois extra scolaires (atelier science, olympiades de physique, exposciences, voyages pédagogiques, rencontres avec des chercheurs…), ont déjà trouvé certaines de ces recettes où la responsabilisation du jeune influence en bien sa motivation à apprendre. Évidemment fondamental aussi le rôle de l’enseignent, acteur, artiste, animateur totalement impliqué dans son action avec et auprès de ses élèves. Alors les méthodologies évoquées dans ce dossier paraissent souvent enfoncer des portes ouvertes et le langage utilisé parfois difficile à appréhender. Les sciences cognitives (voir l’ouvrage de Jean-Gabriel Ganascia- Le Pommier- Poche- 2006) font ce qu’elles peuvent afin d’intégrer la méthode scientifique pour répondre aussi à la question « comment connaît-on ? » en terme d’information, de connaissances et d’intelligence.

L’imposante bibliographie (23 pages) ne témoigne-t-elle pas de visions encore confuses sur le sujet ? Alors pourquoi ne pas admettre et peut-être apprécier notre solitude face à ces élèves si différents les uns des autres qui sont devant nous et avec qui nous devons partager de co-naître. Et faire de cette salle de classe, une caisse de résonance offerte à la raison pour battre ensemble la musique à suivre. Heureusement la clé est encore au fond de notre poche, au fond de nous même, et le plaisir de s’en servir au jour le jour, suivant la situation de l’instant, donne au présent ce parfum d’éternité que distille tout pédagogue.

Jacques Cazenove



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