L’énergie en 21 questions

samedi 19 mai 2012

N°63- ÉNERGIE EN 21 QUESTIONS
Pierre Bacher - O.Jacob - 04/07 - 216 pages - Tout lecteur responsable.

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RÉSUMÉ : Bilan quantitatif et estimatif sur les diverses formes d’énergie disponibles ; analyse de leur mode d’exploitation et de leur avenir respectif. Débat citoyen sur les préjugés de la communauté quant aux projets et l’avenir climatique de la planète.

MOTS CLÉ : énergie, environnement, économie, éthique, équité.

L’AUTEUR : Pierre Bacher est expert auprès de l’Académie des technologies et de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Ancien responsable des projets EDF.

Dans son introduction Pierre Bacher fixe bien son objectif : apporter un éclairage sur ce qu’on n’ose pas toujours dire sur l’énergie, le climat et l’économie dont les enjeux sont devenus planétaires. Les ressources de la Terre sont limitées et les risques climatiques engendrés ne peuvent plus être ignorés. Une éthique du développement durable consistant à préserver ce qui peut encore l’être, impose de trouver rapidement des solutions équitables de remplacement. L’auteur, de par son expérience à l’OPECST, et ses nombreuses conférences faites auprès d’un public dont il est choqué à la fois par la petite minorité se sentant vraiment concerné et par une majorité dont l’attitude frise trop souvent avec « le dogmatisme stalinien », précise son langage (énergie, puissance, négawatt) et insiste sur les critères d’évaluation intervenant dans le débat.

D’abord l’efficacité énergétique en évitant de jouer sur les ambiguïtés des équivalences et des rendements. Ensuite les effets sur l’environnement et les rejets ou stockages des gaz à effets de serre ou déchets nucléaires. Les coûts qui permettent souvent de départager les diverses options dans notre système économique. Sans oublier aussi de tenir compte des risques géopolitiques et du taux d’indépendance énergétique.

L’exemple qui nous concerne tous est bien celui de l’électricité qui, malgré sa faible efficacité énergétique, reste un moyen assez rentable d’utiliser intelligemment l’énergie primaire et de contribuer fortement à la diminution des rejets. Augmenter la part de l’électricité dans la consommation en privilégiant la part produite sans dégagement de gaz à effet de serre est un des moyens de protéger le climat.

La croissance de l’économie, l’augmentation de la population et l’amélioration du niveau de vie d’un côté, et l’intérêt individuel et l’intérêt collectif de l’autre, se conjuguent difficilement avec les économies d’énergie pourtant nécessaires, jugées même comme facteur essentiel.

Le lecteur appréciera les études sur les diverses formes d’énergies de substitution. L’hydrogène, non comme source, mais comme vecteur. Le vent et ses caprices, son aspect complémentaire et dispersé et exigeant une garantie de l’État. Le soleil voltaïque ou sanitaire. Les biocarburants, le bois, l’hydraulique, toutes ces énergies dites renouvelables conduisent à un optimisme mesuré. Et même si les enjeux liés à l’utilisation du charbon sont incontournables (USA, Chine), le gaz naturel, correctement exploité, reste le moins mauvais des combustibles fossiles. Quant au nucléaire qui fournit 16% de l’électricité dans le monde (6% en énergie primaire), même si elle se heurte à une fraction notable de la population, elle reste au dire de l’Académie de médecine, l’énergie présentant le moins de risque pour la santé, d’autant qu’elle permet à la France d’avoir non seulement les coûts de production de l’électricité les plus bas en Europe, mais aussi les rejets de CO₂ , compensant ainsi les dépenses de recherche et de développement de la filière nucléaire.

Comment ne pas aborder ce dossier nucléaire sans revenir sur Tchernobyl pour en décortiquer, avec le recul, l’ensemble des problèmes sous jacents ? Celui des déchets nucléaires, leur tri, leur confinement, leur retraitement leur stockage. Faut-il avoir peur du plutonium ? Obsolète le projet E.P.R avec une amélioration des performances et de la sécurité ? Et qu’attendre des réacteurs de 4° génération où les ressources seront mieux utilisées, les tris et les quantités de chaleurs des radio nucléides à stoker plus limités ? Les concepts de défense en profondeur (barrières séparant les corps radioactif avec l’environnement) et de culture de sûreté (placer la sûreté au centre des préoccupations), les exigences toujours plus sévères et contraignantes pour les nouveaux projets, n’ont pas empêché le nucléaire français de continuer à subir une forme de discrimination négative, contrairement aux autres formes d’énergies (éoliennes et solaires) qui bénéficient d’obligation de rachat de leurs production à un prix largement supérieur à leurs valeurs.

Le concept de développement durable centré sur nos besoins compatibles avec l’état de la planète impose de définir une éthique, des devoirs à respecter, une équité centrée sur une réelle solidarité internationale entre pays riches et pauvres. On en vient à faire un bilan et des propositions en marge des « contradictions, des non-dits ou des faux-fuyants » avec, au centre de l’action, la réduction de notre consommation d’énergie et la sauvegarde du climat. Changement essentiel des mentalités tant au niveau individuel que collectif qui réclame que chacun s’informe, aux bonnes sources bien sûr, sur les thèmes de l’énergie, l’environnement, l’économie, l’éthique et l’équité.

L’ouvrage de Pierre Bacher va dans ce sens et propose au lecteur attentif de ne pas sombrer dans les excès qui conduisent toujours à une trop grande méfiance vis-à-vis de la science et de la technologie, qui pourtant nous procurent le confort de notre quotidien. Le vrai problème restera celui de l’Homme dans sa façon de se comporter vis-à-vis de son environnement quel qu’il soit. Il suffit, par exemple, de voir le développement des 4x4 et d’admettre humblement que nous n’avons pas encore tout à fait compris la situation....

Jacques Cazenove



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