Explorer l’espace pour remonter le temps

samedi 19 mai 2012
par  Jacques

N°26- EXPLORER L’ESPACE POUR REMONTER LE TEMPS
G.Bégnimi - O.Jacob - 01/06 - 195 pages - Tout lecteur.

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RÉSUMÉ : Hommage rendu à la science italienne de Galilée à Giacconi (Nobel 02) à travers l’historique de l’exploration spatiale et des missions correspondantes essentiellement dans le domaine des hautes énergies.

MOTS CLÉ : Giotto, Galiléo, Rossi, Occhialini, Colombo, Giacconi, rayons cosmiques.

L’AUTEUR : Giovanni Fabrizio Bignimi astrophysicien au CESR, président à l’ESA, membre de l’Académie Lincei. Elève de Guiseppe Occhialini à qui il rend ici hommage.

Bel et émouvant hommage à la science conduite en Italie par quelques pionniers dont on évoque rarement la contribution apportée à la communauté scientifique.

L’auteur s’y prend d’une façon fort originale et très agréable à suivre, des fresques de Giotto dans la chapelle Scrovegni à Padoue avec l’allusion à la comète, à la plate-forme San Marco au large des côtes du Kenya où l’on expédia dans l’espace (12/70) le satellite Uhuru (liberté) à la conquête du ciel dans le domaine des rayons X et des sursauts gamma (G.R.O). Puis ce fut Einstein Observatory (78) pour le bicentenaire de la naissance du grand homme, et Exosat (86), enfin RossiXTE (12/95) et BeppoSAX (04/96), et le Nobel de Riccardo Giacconi (02). Elève de Garbasso et fondateur de l’astronomie X, Bruno Rossi (1905-93) est l’inventeur de nouveaux types de détecteurs où des compteurs Geiger-Müller, couplés à une électronique à soupapes, n’émettent un signal qu’après qu’une particule les ait tous traversés (Coïncidences de Rossi). Il met ainsi en évidence la nature physique des rayons cosmiques primaires, essentiellement constitués de protons très hautes énergies, à l’origine de gerbes de particules prévues par « les courbes de Rossi ».

Quant à Guiseppe (Beppo) Occhialini (1907-93), membre du même Institut de physique de Florence, à 2 pas de la maison où Galilée vécu ses dernières années à Arcétri, il s’intéresse, lui, aux révélateurs à images, type chambre de Wilson, et aux émulsions photographiques qu’il transporte tout en haut du Pic du Midi. Manquant de peu la découverte du positron avec Blackett, il y découvre le super proton baptisé hypéron présenté au congrès de Bagnères en juillet 53. Puis ce fut la formidable aventure du CERN à partir de 54 où cette physique italienne devait trouver toute sa place dans les fondements culturels d’une Europe à construire. La conquête de l’espace débute en 63 avec la création de l’ESRO (European Space Research Organnization) ; elle ne deviendra l’ESA (European Space Agency) qu’en 75 avec la mission COS-B et la découverte du ciel gamma.

Beaucoup de passion et de reconnaissance dans cette rétrospective où l’auteur, de 66 à nos jours au CESR de Toulouse, est au cœur des recherches liées aux astroparticules. On en oublierait même la première partie de l’ouvrage, plus classique, où la mémoire de deux grands autres compatriotes est évoquée. Celle du Padouan Galilée dont les observations ont conduit à une compréhension moderne de notre ciel vu de la Terre au travers de ses lunettes. Celle tout aussi remarquable du premier des Cassini, Jean Dominique, et que notre Roi-Soleil est allé « piquer » à l’université de Bologne (1669) pour la gloire de son observatoire de Paris et à qui il déduit en 71 la découverte des 2 nouveaux satellites de Saturne. Il enchaîna avec la découverte de la division des anneaux qui porte désormais son nom, ainsi que 2 autres satellites (Thétys et Dioné), les « volcans » du soleil (protubérances) et la lumière zodiacale comme phénomène cosmique. Suivent les missions spatiales associées à ces 2 grands hommes, Galiléo (89) consacrée à la connaissance du système jovien, et Cassini (97-05) à celle de Saturne et de son satellite Titan avec la sonde Huygens, toutes deux exploitant l’effet « fronde gravitationnelle » dans un soucis d’économie de carburant. Comment oublier ces images exceptionnelles, vues par l’humanité entière le 14 janvier 2005, et où l’on découvrait un nouveau monde façonné non par l’eau, mais par le méthane à -170°C. Avec l’espoir de suivre Cassini jusqu’en 2008, la future mission Bepi Colombo vers Mercure (2012), rend hommage à un autre padouan, Guiseppe (Bepi) Colombo (1920-84) issu de l’École Normale Supérieure de Pise et titulaire de la nouvelle chaire de lanceurs et vaisseaux spatiaux et spécialiste de la théorie des résonances orbitales.

Avec une authentique préface de Carlo Rubbia (Nobel 83), on regrettera seulement qu’il n’ait pas été possible d’inclure quelques schémas et photographies pour accompagner ce bel hommage aux pionniers italiens de l’entreprise spatiale dédiée aux hautes énergies.

Jacques Cazenove



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