Photographier le ciel en numérique

dimanche 29 avril 2012
par  Jacques

N°76- PHOTOGRAPHIER LE CIEL EN NUMÉRIQUE - P.Lécureuil

Vuibert - 07/06 - 230 pages - Astrophotographes et utilisateurs de capteurs CCD.

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RÉSUMÉ : Ouvrage destiné à tous ceux qui souhaitent s’initier ou se perfectionner à l’astrophotographie avec appareils photo numériques (A.P.N), WebCam ou caméra CCD , ainsi qu’au matériel et logiciels associés.

MOTS CLÉ : Lunettes, A.P.N, Webcam, caméra CCD, échantillonnage, logiciels.

L’AUTEUR : Patrick Lécureuil est astronome amateur éclairé, animateur à la Ferme des étoiles.

A la lecture des cinq chapitres de ce remarquable ouvrage, le lecteur aura la possibilité de faire partie du cercle des initiés à l’imagerie numérique et se lancer dans cette quête passionnante de collecte d’images planétaires ou stellaires.

Le choix d’un instrument capable de supporter et d’entraîner les capteurs numériques est fondamental. Lunette ou télescope et quel type de télescope ? Quel type de monture et quels accessoires ? Une vingtaine de pages, un tableau comparatif et un glossaire suffisent à l’auteur pour conseiller de façon magistrale le lecteur attentif pas toujours à l’aise avec l’astigmatisme, la courbure de champ, le vignetage ou la coma.

En grand spécialiste de terrain Patrick Lécureuil nous présente ensuite les caractéristiques techniques des divers appareisl photo numériques (A.P.N) disponibles ainsi que leurs accessoires correspondants destinés tout particulièrement à l’astrophotographie. Tailles des capteurs et photosites (plutôt que pixels) CCD ou CMOS, dimensions et domaine spectral posant problèmes à l’astrophotographie, présence d’une matrice Bayer destinée à la couleur, mais nuisant à la résolution et à la sensibilité, vitesse d’obturation, format des images et taux de compressions souvent préjudiciable (JPEG), font l’objet d’une analyse très détaillée, à laquelle un tableau récapitulatif aurait permis de faire la synthèse sur les différents boîtiers décortiqués. Limités aux objets lumineux (Lune, Soleil, planètes), ils permettent aussi d’accéder aux nébuleuses brillantes au foyer de l’instrument, ou à partir d’objectifs montés en parallèles sur une monture bien entraîné permettant l’acquisition de plusieurs images à compositer et à traiter à partir de dark, d’offset et de PLU. De nombreux exemples commentés témoignent de la grande expérience de l’auteur dans le domaine.

Est ensuite évoquée la grande révolution apportée par l’utilisation de Webcam, en mode vidéo, à l’imagerie planétaire essentiellement. D’abord avec la Vesta Pro, puis les To U Cam ou la Atik modifiée pour la longue pose et pour lesquelles les amateurs ont obtenues qu’elles délivrent des vraies images brutes (mode RAW) à la résolution et au bruit optimisés. La nécessité d’agrandir les images et les contraintes imposées par un bon échantillonnage, le choix d’un gain et d’une vitesse d’obturation compatible avec un rapport signal/bruit acceptable, l’utilisation du FWHM (largeur à mi-hauteur de l’image d’une étoile) et l’utilisation de logiciels appropriés à l’acquisition et aux traitements des images, sont largement détaillés, accompagnés de nombreuses photos d’écran et de résultats de très grande qualité et commentés avec beaucoup de précision et de rigueur. Sont aussi discutées les différentes astuces pour l’acquisition d’images du ciel profond, assurant ainsi la transition avec les caméras CCD beaucoup mieux adaptées pour ce genre de travail, exigeant un capteur N.B plus grand, refroidit par des cellules Peltier, doté d’une grande plage spectrale et d’un rendement quantique plus élevé et surtout délivrant des images codées en 12 ou 16 bits (65.536 niveaux de gris). La présence d’un second capteur destiné à l’autoguidage, d’un obturateur piloté à partir de liaisons USB, d’une roue à filtres destinée à l’imagerie couleur, permettent la réalisation de travaux de qualité professionnelle (courbes de lumière de S.N, de rotation d’astéroïdes, diagrammes H.R, spectrométrie haute résolution) sans pour autant occulter leur prix de revient relativement élevé. Un tableau récapitulatif permet au lecteur attentif de faire le point sur les 3 techniques présentées : A.P.N/Webcam/CCD avant de se lancer dans les techniques des prétraitements (amélioration du rapport signal/bruit) et traitements (maximiser les informations contenues) des images acquises. Devant la difficulté de la présentation, l’auteur a porté son choix sur le logiciel (gratuit) écrit par Christian Buil, non sans mentionner les autres disponibles sur Internet auquel il faudrait pourtant ajouter Télé Auto écrit par Ph. Martinole, un ancien de notre observatoire narbonnais. Inutile de rentrer dans tous les détails d’IRIS, de nombreuses photos d’écran complètent les explications très détaillées sur toutes les possibilités offertes, accompagnées d’exemples photographiques comparatifs, tant sur les images planétaires (A.P.N et Webcam), que sur les images stellaires (A.P.N, Webcam SC et CCD). Un dernier mot sur les logiciels de retouche d’images type Paint Shop CS qui permet « d’améliorer encore le rendu final de l’image ».

Avec une imposante liste de sites Internet où chacun pourra puiser dans les logiciels, les forums ou dossiers techniques, nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir à portée de main un tel ouvrage. Participer à cette grande aventure de l’imagerie numérique où l’amateur peut se féliciter de faire mieux que le professionnel d’il y a à peine quelques décennies et où la fenêtre reste grande ouverte pour d’autres exploits, ne serait-ce que dans le domaine de la spectroscopie (Projet Lhires sur Aude avec encore et toujours Christian Buil), est aujourd’hui à la portée de chacun.

Jacques Cazenove